Groupe panafricain présent dans 14 pays, BSIC, créé en 1999 en Libye, a pour mission d’accompagner les efforts de développement des États sahélo-sahariens. Deux filiales sont certifiées AML 30001 (norme internationale de lutte contre la criminalité financière) : la société de gestion et d’intermédiation BSIC Capital et BSIC Sénégal. Mais une annonce inédite par son ampleur a été faite à Paris : toutes les entités du Groupe seront engagées dans le processus au cours des 24 prochains mois.
Anis Guermazi, Directeur Général de BSIC Capital, Sami Gargouri, Directeur Général de BSIC Sénégal, et Mamadou Diouf, Directeur Central du Pôle Participation du Groupe BSIC, décryptent ces opérations d’envergure.
Pourquoi vous être engagés dans une certification internationale ?
Anis Guermazi : La certification permet de montrer que, contrairement à certaines idées reçues, les banques africaines disposent d’une grande maturité pour mettre en place des mesures de lutte contre le blanchiment/financement du terrorisme et se conforment aux règles internationales. Certifier la filiale en charge de la gestion d’actifs et de la banque d’affaires, pour la première fois en Afrique de l’Ouest, est un signal fort que tout l’écosystème financier est concerné, pas uniquement les banques.
Dans nos relations avec nos correspondants bancaires, la certification nous confère plus de crédibilité et les améliorations de nos systèmes qu’elle suppose apportent plus de fluidité dans le traitement des opérations. Nos relations avec les bailleurs de fonds s’en trouvent aussi facilitées. Enfin, avec nos différents régulateurs, la certification est un gage de transparence.
Quels impacts concrets de la certification sur votre activité ?
Sami Gargouri : La démarche de certification est extrêmement structurée et structurante. Ajoutée aux formations régulières en matière de lutte contre le blanchiment/financement du terrorisme, elle permet de rassurer, tant en interne, au niveau de la direction générale notamment, mais aussi en externe. L’autre impact concret est celui sur nos clients, qui sont de plus en plus sensibles au strict respect des bonnes pratiques et de la déontologie. Être conforme à une norme internationale est un message positif fort que nous leur adressons. In fine, toutes nos parties prenantes gagnent en confiance.
Il faut au minimum 6 mois pour entamer une démarche de certification, durée pendant laquelle nous apprenons beaucoup. En améliorant notre cadre de gouvernance et notre dispositif opérationnel de détection des risques, elle présente de nombreuses vertus pédagogiques.
Que diriez-vous aux entreprises qui hésitent encore à sauter le pas de la certification ?
Sami Gargouri : Changer la perception que peuvent avoir les investisseurs sur le secteur financier africain est essentiel et nous concerne tous. Plus les acteurs seront nombreux à se soumettre à la certification, plus l’impact sera fort. Les associations professionnelles ont à ce titre un rôle important à jouer.
Dans un écosystème où les exigences des régulateurs se durcissent, un œil extérieur est particulièrement utile pour nous donner une autre vision sur nos procédures et les normes qui s’appliquent à nous. A ce titre, je tiens à insister sur l’importance du volet humain : la sensibilisation et la mobilisation de nos collaborateurs sont indispensables au succès d’une démarche de certification.
La signature d’un protocole pour la certification de toutes les filiales du Groupe est extrêmement engageante et inédite. Quels sont vos projets ?
Mamadou Diouf : La réussite du processus par nos deux entités pilotes a été totale et nous a confortés à élargir le périmètre de certification AML 30001 à toutes nos douze autres filiales bancaires. C’est un projet vaste et ambitieux, mais nous bénéficions collectivement d’un cadre d’échanges fructueux, nous disposons désormais de nombreux repères qui nous permettront de tirer le meilleur de notre intelligence collective.
Parmi nos prochains projets figure également la certification ESG 1000 portant sur les informations extra-financières, notre gouvernance dans ce domaine est aujourd’hui un enjeu majeur pour notre attractivité.
Grâce à des expériences diversifiées déjà engagées dans plusieurs entités, nous allons pouvoir mettre en place des processus uniformisés et plus standardisés. Nous sommes lancés pour les années à venir vers toujours plus de transparence, de conformité, de bonne gouvernance et d’alignement, sur les meilleurs standards internationaux. C’est un enjeu passionnant.
